Une amie
m'a demandé de définir l'état amoureux.
Qu'est-ce que l'amour, en effet ? Je ne suis pas certain
d'être le mieux placé pour expliquer ce que j'ai
pourtant éprouvé un certain nombre de fois.
Car il me
semble que la notion d' « Amour » dépasse
les mots qui pourraient le décrire. C'est, de ce fait, un
ressenti indéfinissable.
Parfois, il
semble bien que certains d'entre nous passent à
côté, tant il nous semble tellement improbable que
nous puissions être amoureux. Parfois aussi, on le
refuse : c'est une situation aliénante, on s'en estime
prisonnier et cela nous est insupportable !
Il y a
pourtant bien une mystérieuse alchimie qui réunit
parfois deux êtres. Rare, souvent confondue avec le simple
désir, une sensation prodigieuse est parfois ressentie que
l'on est bien obligé de reconnaître comme de
l'« Amour » Mais espérer une
réciprocité au même moment, de la même
amplitude ? n'est-ce pas encore plus rare, voire
carrément utopique ? soit on rencontre l'être
prêt à répondre ,à s'ouvrir de la
même façon à renaître
soit, le
premier qui aime fait déclencher chez l'autre ce
processus
Avant toute
chose, il faut, bien entendu, définir que le sentiment
amoureux entre adultes pubères ( et consentants) ne
semble pas, sauf exception, pouvoir exister sans désir
sexuel : A défaut, on parlera
d'amitié, de tendresse, de fraternité.
Ici, en
Occitanie, un proverbe dit : la paix de la maison est dans les
pantalons ! Et : Rien ne va plus quand le passereau couve
ses œufs ! ( en occitan lou passerat=le penis )
C'est
déjà bien assez complexe de se trouver avec
« amour » filial, maternel, etc. Il s'agit
d'autres acceptions du mot, une fâcheuse homonymie, et non
pas d'une confusion du sens en lui-même.
Car le
verbe « aimer », en français,
désigne aussi bien aimer manger, boire, fumer, aimer son
enfant, son père sa grand-mère etc.
En anglais
par exemple, to love est le sentiment humain mais pour
« aimer son chien, la côtelette de veau ou le
scotch » on dira to like.
Bon !
Je ne vais pas vous donner un cours d'anglais !
C'est
pourquoi, je mets une majuscule à Amour quand je parle du
sentiment amoureux, ce n'est bien sûr qu'un artifice, comme
les feus, et le feu est dans un certain sens, bien en question. En
effet, ne dit-on pas brûler d'amour, se consumer pour
quelqu'un ?
Au bout du
compte, Est-ce bien agréable d'être amoureux ? Ne
vaut-il pas mieux être aimé plutôt qu'être
amoureux ?
Aimer
n'implique - t'il pas souvent de la peur, de la jalousie, de
l'incertitude ?
Peur que
l'autre en aime un autre ? Peur de tout et de rien, d'un petit
signe pourtant anodin, bénin, qui en dit long : Il,
elle, ne m'aime plus ! C'est déjà ce que l'on
ressent la toute première fois, alors que dire des fois
suivantes ?
C'est que
l'expérience de la vie nous a façonnés, bien
souvent dans la méfiance, le doute, séquelles des
« gifles » que nous avons
reçues, des serments rompus qui sont le sel amer de la
nature humaine et contre quoi nul ne peut rien.
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Une
citation d'Alberto Alberoni :
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« En
amour nous refaisons une infinité de fois
l'expérience de la perte et des retrouvailles, de l'exil et
de l'arrivée en terre promise. Je t'ai désiré
et je t'ai rencontré. Je suis parti et je suis revenu. Je
t'ai perdu et je t'ai retrouvée . L'amour est une
quête continuelle, une perte continuelle, et de
sempiternelles retrouvailles »
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« On
a besoin d'amour, un amour XXL » estime Mylène
Farmer.
L'amour
mesuré comme un vêtement ? S, M, L, XL, ?
XXL, fichtre !
Besoin ?
Envie ? On a besoin de respirer, boire de l'eau etc. Mais on
n'a envie que de ce qui nous plait !
Vous
devinez que je veux aborder ici la différence fondamentale
que je fais entre besoin et envie: le besoin répond à
une nécessité, l'envie implique le désir et
une notion de plaisir ou de satisfaction.
A-t'on
besoin d'amour ? Si oui, ne faut-il pas avoir envie de
l'autre, et aussi que l'autre ait envie de nous pour pouvoir
assouvir ce besoin ?
À ce
sujet j'entends parfois des choses qui me laissent perplexe
:
Des femmes
parlant de leurs rencontres et qui s'indignent :
Ah la
la ! j'en ai assez ! je ne rencontre que des types qui ne
pensent qu'à coucher !
Ah ?
Moi qui pensais naïvement que c'était une pratique
habituellement destinée au plaisir réciproque de
chacun des partenaires? Parce que les femmes n'auraient pas de
désir sexuel ? D'autre part, pour une femme, si l'homme
a envie d'elle, n'est-ce pas plutôt flatteur ? :
S'il veut lui faire l'amour c'est qu'il la
désire !
Pour nous
autres, mâles, du fait de la nature même, la fonction
érectile est obligatoirement liée au désir, et
donc une certaine forme d'amour est nécessaire pour pouvoir
fonctionner : dans toute relation intime entre un homme et une
femme il existe plus ou moins de sentiments amoureux. A part peut
être chez ceux que j'appelle les dragueurs de poufs, ( mais
que je connais assez mal au fond ) pour qui le viagra
remplace les sentiments ! Ce n'est bien sûr qu'une
opinion personnelle, mais elle est tout de même
partagée par un certain nombre de femmes et d'hommes.
Ce que je
trouve insupportable c'est l'hypocrisie et la bêtise.
.
Il me
semble aussi qu'on donne un peu vite le mauvais rôle aux
hommes ! Nous sommes bien plus sentimentaux qu'il n'y
parait : peut-être, par vanité, ou par pudeur, le
« mâle » ne dévoile t'il pas
facilement ses sentiments, ni qu'il souffre, ni surtout qu'il en
pleure parfois !
Alors :
mesurer l'amour ? Y a-t-il, une taille d'ailleurs ? S'il
y en a, ne change-t'elle pas en chemin : de
« S » à « XXL »
en passant par « M », et dans le sens
contraire, au fil des ans, ou en chute libre
parfois ?
A
suivre